Le Nonce apostolique à Minawao : « Soyez fermes dans les voies du Seigneur ». Une visite de proximité, de solidarité et d’espérance auprès de plus de 54 000 réfugiés
La visite du Nonce apostolique Mgr José Avelino BETTENCOURT au camp des réfugiés de Minawao, ce vendredi 6 novembre 2026, restera comme un moment fort de proximité, de solidarité et d’espérance pour les milliers de personnes qui y vivent. Accompagné de Son Excellence Mgr Bruno ATEBA EDO, évêque du diocèse de Maroua-Mokolo, et d’une forte délégation, le représentant du Saint-Père est allé à la rencontre des réfugiés pour leur manifester la proximité de l’Église et les encourager à demeurer fermes dans la foi et dans l’espérance.
Une étape à Zamay : une Église éprouvée mais debout
Après leur départ de Maroua, le Nonce apostolique et la délégation qui l’accompagnait ont marqué un arrêt à Zamay. Cette étape a permis de rencontrer l’équipe apostolique, les fidèles ainsi que les élèves et responsables des écoles primaires.
L’accueil réservé à la délégation a été empreint de simplicité et de joie. À travers la présence des communautés chrétiennes, des enfants et des acteurs pastoraux, c’est une Église locale vivante qui s’est présentée aux visiteurs, malgré les difficultés auxquelles elle est confrontée.
La délégation a également visité l’église de Zamay, durement ravagée par un incendie. Ce lieu de prière, marqué par les traces du sinistre, témoigne des épreuves que peuvent traverser les communautés chrétiennes dans cette partie de la région de l’Extrême-Nord.
Cette visite a ainsi pris une dimension particulière : celle d’une présence fraternelle auprès d’une communauté éprouvée. En s’arrêtant à Zamay, le Nonce apostolique et Mgr Bruno ATEBA EDO ont voulu encourager les fidèles à ne pas se laisser décourager par les difficultés, mais à continuer à faire vivre leur foi et leur communauté.
En route vers Minawao
Après Zamay, la délégation a poursuivi son chemin vers le camp de réfugiés de Minawo. Situé dans l’Extrême-Nord du Cameroun, ce camp accueille plus de 54 000 réfugiés. La réalité humaine qui s’y vit est marquée par les déplacements forcés, la vulnérabilité, les blessures de la guerre (insécurité avec les exactions de Boko Haram) et les défis quotidiens liés aux conditions de vie.
La présence du Nonce apostolique dans ce lieu constitue donc un geste fort. Elle traduit la sollicitude de l’Église pour les personnes contraintes de quitter leurs terres et leurs villages et qui cherchent, dans l’exil, un espace de sécurité et de dignité.
Aux côtés de Mgr Bruno ATEBA EDO, pasteur du diocèse de Maroua-Mokolo, le représentant du Saint-Père est venu non seulement pour voir et écouter, mais surtout pour partager un moment de fraternité avec les réfugiés.
Une célébration eucharistique au cœur du camp
L’un des moments les plus marquants de cette visite a été la célébration de la Sainte Messe, présidée par le Nonce apostolique. Réunis autour de l’autel, les fidèles ont vécu cette célébration comme un véritable moment de communion et d’espérance.
Dans un contexte où beaucoup ont connu la séparation, la perte de leurs biens, l’éloignement de leurs proches et l’incertitude du lendemain, l’Eucharistie est apparue comme une source de consolation et de force.
La célébration eucharistique a également manifesté que l’Église ne demeure pas à distance des souffrances humaines. Elle rejoint les personnes là où elles se trouvent, particulièrement lorsqu’elles sont fragilisées et exposées aux épreuves.
Le message retenu de cette célébration peut se résumer dans cette exhortation : « Soyez fermes dans les voies du Seigneur. »
Cette parole prend une résonance particulière dans le contexte du camp de Minawao. Être ferme dans les voies du Seigneur signifie ne pas abandonner l’espérance malgré les difficultés, continuer à croire malgré les épreuves et rester attaché à Dieu même lorsque les circonstances de la vie semblent conduire au découragement.
Une Église proche des personnes vulnérables
La visite du Nonce apostolique à Minawao rappelle également la mission de l’Église auprès des personnes déplacées et réfugiées. Dans l’Extrême-Nord du Cameroun, l’Église catholique est engagée depuis plusieurs années aux côtés des populations vulnérables, à travers la présence pastorale, l’accompagnement humain, l’éducation, la solidarité et les actions humanitaires.
La rencontre de Minawao constitue ainsi un encouragement pour tous ceux qui œuvrent quotidiennement auprès des réfugiés : prêtres, religieux et religieuses, agents pastoraux, volontaires, catéchistes, enseignants et acteurs humanitaires.
À travers cette visite, l’Église veut rappeler que personne ne doit être oublié. Derrière les chiffres et les statistiques se trouvent des femmes, des hommes, des enfants, des familles et des communautés qui portent chacun une histoire, des blessures mais aussi une profonde espérance.
Un message d’espérance pour l’Extrême-Nord
La visite à Zamay et à Minawao s’inscrit dans une même dynamique : celle d’une Église qui se veut proche des réalités de son peuple. D’un côté, une communauté chrétienne dont l’église a été ravagée par un incendie ; de l’autre, des dizaines de milliers de réfugiés vivant loin de leurs terres d’origine. Dans les deux situations, la réponse chrétienne demeure la même : la proximité, la solidarité, la prière et l’espérance.
La présence du Nonce apostolique, aux côtés de Mgr Bruno ATEBA EDO, constitue dès lors un signe fort pour le diocèse de Maroua-Mokolo et pour toute la région de l’Extrême-Nord. Elle rappelle que la foi chrétienne n’est pas seulement célébrée dans les églises et les lieux de culte. Elle se vit également au cœur des blessures de l’histoire, auprès des personnes déplacées, dans les villages éprouvés et dans les communautés qui cherchent à se relever.
À Minawao, au milieu de milliers de réfugiés, l’Église a proclamé une fois encore que l’espérance est possible. Elle invite chacun à ne pas céder au découragement et à poursuivre son chemin avec confiance.
« Soyez fermes dans les voies du Seigneur » : cette exhortation résonne ainsi comme un appel adressé à tous les fidèles, aux familles déplacées, aux communautés chrétiennes du diocèse de Maroua-Mokolo et à tous ceux qui travaillent pour la paix et la fraternité.
De Zamay à Minawao, cette visite aura donc été bien plus qu’un déplacement. Elle aura été une véritable démarche de communion, une présence fraternelle et un témoignage concret d’une Église qui marche avec les personnes éprouvées, partage leurs joies et leurs souffrances, et les accompagne sur le chemin de l’espérance.
Abbé Bernard ZRA DELI

