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Ordination diaconale de trois frères Joséphites à Douvangar

En ce 27 octobre 2019, la paroisse St Michel de DOUVAGAR marque un événement historique, celle de l’ordination diaconale de trois (03) Frères de la congrégation des Joséphites : Fr Barthelemy MINGA, Fr Christian MUAMBI et Fr Jean-Pierre MPIEKO KIDUMU. Une grande première puisque jusque-là les pères Joséphites n’avaient pas encore organisé une ordination dans le diocèse de Maroua-Mokolo. La célébration a été présidée par Mgr Bruno ATEBA EDO, Evêque de Maroua-Mokolo en présence de la forte communauté des prêtres Joséphites, des Oblats de Marie Immaculée et des prêtres diocésains ; les différentes congrégations féminines ont aussi répondu favorablement à l’invitation des ordinands. Les pères Joséphites sont présents au Cameroun dans le diocèse de Maroua-Mokolo depuis plus de 20 ans maintenant. Ils occupent quelques paroisses à savoir Douvangar, Douroum, Rwa, et Ouzal. Ils ont aussi la responsabilité de la coordination des enseignements secondaires au niveau diocésain et la direction du Collège Saint Joseph de Koza.

Le Sous-préfet de l’arrondissement de Méri, fidel chrétien de la paroisse et appelé à d’autres fonctions a saisi l’opportunité de cette grande fête pour faire ses adieux au diocèse et à toute la communauté paroissiale de Douvangar.  Toute la célébration a été ponctuée par de belles chansons en MOFOU, langue locale et en LINGALA, langue des ordinands originaires de la RDC.

Le diacre, en promettant obéissance à son évêque, prend Jésus pour modèle, obéissant par excellence (cf. Ph 2,5-11) : à son exemple il déclinera son obéissance sur le mode de l’écoute (cf. He 10,5 Jn 4,34) et de la disponibilité radicale (cf. Lc 9,54 Lc 10,1). Il s’engage donc, d’abord envers Dieu, à agir en pleine conformité avec la volonté du Père ; dans le même temps, il s’engage aussi envers l’Eglise, qui a besoin de personnes pleinement disponibles. Dans la prière, par l’esprit d’oraison dont il doit être pétri, le diacre approfondira quotidiennement le don total de soi, comme le Seigneur l’a réalisé  » jusqu’à la mort, et la mort sur la croix » (Ph 2,8).

Le concile Vatican II synthétise le ministère diaconal par la trilogie  » diaconie de la liturgie, de la Parole et de la charité. De cette façon, s’exprime la participation diaconale à l’unique et triple munus du Christ dans le ministère ordonné :  » En tant qu’il proclame et commente la Parole de Dieu, il est maître ; en tant qu’il administre les sacrements du Baptême et de l’Eucharistie, ainsi que les sacramentaux, qu’il participe à la célébration de la Messe comme « ministre du Sang », qu’il conserve et distribue l’Eucharistie, il est sanctificateur ; en tant qu’animateur de communautés ou de secteurs de la vie ecclésiale, il est guide. Ainsi, le diacre assiste et sert les évêques et les prêtres, qui président toute liturgie, qui veillent sur la doctrine et qui conduisent le Peuple de Dieu.

Dans le service de la communauté des fidèles, par leur ministère, les diacres doivent collaborer à la construction de l’unité des chrétiens sans préjugés et sans initiatives maladroites en entretenant les qualités humaines qui rendent une personne acceptable et crédible par les autres, en surveillant son propre langage et ses propres capacités de dialogue, pour acquérir une attitude authentiquement œcuménique.

Pendant l’ordination, l’évêque remet au diacre le livre des Evangiles en lui disant :  » Recevez l’Evangile du Christ, que vous avez la mission d’annoncer. Comme les prêtres, les diacres se consacrent à tous les hommes, tant par leur bonne conduite que dans la prédication explicite du mystère du Christ, dans la transmission de la doctrine chrétienne ou dans l’étude des problèmes contemporains. La fonction principale du diacre est donc de collaborer avec l’évêque et les prêtres dans l’exercice du ministère, qui n’est pas au service de leur propre sagesse mais de la Parole de Dieu, en invitant tout homme à la conversion et à la sainteté. Pour bien remplir cette mission, les diacres sont tenus à s’y préparer : avant tout, par l’étude rigoureuse de l’Ecriture Sainte, de la Tradition, de la liturgie et de la vie de l’Eglise. Enfin, il est nécessaire qu’ils apprennent l’art de communiquer la foi à l’homme d’aujourd’hui, efficacement, intégralement, dans toutes les cultures, à tous les âges de la vie.

Les Joséphites constituent une Congrégation religieuse catholique. La Congrégation fut fondée en 1817 à Grammont (Geraardsbergen), diocèse de Gand, par l’abbé Constant Guillaume Van Crombrugghe (1789-1865).

La Congrégation des Joséphites est totalement vouée à l’éducation des jeunes. La jeunesse est donc au centre de leurs préoccupations. Les écoles qu’ils ont fondées et les paroisses sont les lieux où ils s’impliquent essentiellement. La transmission de leurs savoirs en matière d’éducation reste une de leur mission principale. Le fondateur a insisté sur l’importance de pouvoir s’adapter aux besoins spécifiques d’une époque ou d’un lieu précis. Les Joséphites ont de ce fait adapté leur pédagogie, avec le temps et les régions ou pays où ils s’investissent. 

Xavier Katran

Messe d’action de grâce en Mémoire de la Soeur Marie COLIN à Koza

LES ENFANTS DE LA SŒURS MARIE COLIN LUI DISENT «MERCI » A KOZA

Ce Samedi 26 octobre 2019, les enfants spirituels, amis et compagnons de la Sœur Marie Colin ont rendu grâce à Dieu pour les œuvres missionnaires de leur maman Marie Colin au cours d’une messe présidée par Mgr Bruno Ateba Edo en la paroisse Saint Pierre et Paul de Koza. Il s’agit d’une célébration pour honorer la mémoire de la Révérende Sœur Marie Colin décédée en France le 03 Juin 2019 à l’âge de 91 ans.

La sœur Marie Colin est née le 6 décembre 1928 à Plouhinec en France, d’une famille de 4 enfants. Elle a enseigné à Plomeur, Guiscriff et Sarzeau, en France pendant 23 ans avant de souhaiter s’ouvrir à d’autres mondes. Elle arrive au Nord Cameroun en 1977 et s’installe à Koza pour s’occuper des écoles de la zone de Koza. Pendant plus de 28 ans dans cette paroisse, elle a dirigé 3 écoles à Djingliya, Galdala et Kilda et créé 3 autres à M’skar, Ouzal et Koza. Parcourant tous les villages, grimpant toutes les montagnes, bravant tous les obstacles pour forger un avenir meilleur par l’éducation aux filles et fils de la zone de Koza. Certains l’appelaient en raison de ses fréquentations « la Sœur des élèves et des maitres ». Rentrée en France en 2004 après avoir dit au revoir à ses enfants, elle continuera à soutenir l’éducation des enfants les plus démunis en payant les frais d’écolage pendant quelques années.

Ce samedi, ils étaient plus d’un millier d’enfants qui ont eu la sœur Marie Colin, soit comme enseignantes, soit comme directrice participer à cette messe d’actions de grâce. Les autorités administratives, militaires, traditionnelles et les responsables des autres communautés de foi de la localité de Koza ont répondu présent à cette cérémonie.

Les témoignages de circonstance ont reconnu l’immensité des œuvres de la sœur Marie Colin aussi bien dans le domaine de l’éducation que du sociale en passant par le spirituel. Avec humilité, simplicité, don de soi, partage et désintéressement, la sœur marie Colin a profondément marqué ses enfants. Il est de leur devoir de continuer ses œuvres. Les enfants de Marie Colin ont dit merci à Dieu pour les efforts de l’Eglise dans la promotion du développement, de paix et du vivre ensemble ; aux enseignants des écoles privées Catholique qui se dévouent pour l’éducation scolaire dans la zone de Koza ; et aux sœurs filles du St Esprit, notre maman est partie.

Au cours de cette messe d’action de Grace, l’Evêque dans son homélie de circonstance s’est appuyé sur la deuxième lettre de Saint Paul Apôtre à Timothée (2, 8-13) et l’Evangile de Jésus Christ selon Saint Luc (17, 11- 19) pour enseigner les participants sur le sens de la reconnaissance pour les bonnes actions. Il faut savoir dire merci parce que nous sommes tous redevables à Dieu de tous ce que nous sommes.

A présent nous espérons que la Sœur Marie Colin repose en paix auprès de Dieu le père, continuant de prier pour ses enfants, pour notre Région de l’Extrême-Nord et pour tout le Cameroun.

Un des enfants de la Sœur Marie Colin

Rencontre des SEDUC de la Province ecclésiastique de Garoua

SEPTIEME RENCONTRE DES SEDUC, CDS, CONSEILLERS PEDAGOGIQUES DE LA MATERNELLE ET DU PRIMAIRE, LES PRINCIPAUX DES COLLEGES CATHOLIQUES DE LA PROVINCE ECCLESIASTIQUE DE GAROUA TENUE A MAROUA DU 21 AU 24 OCTOBRE 2019.

COMMUNIQUE FINAL

Du 21 au 24 octobre de l’an de grâce 2019, s’est tenue à Maroua, dans la salle de réunion de la Procure diocésaine, la rencontre des SEDUC, Coordonnateurs diocésain pour le secondaire, Conseillers Pédagogiques de la Maternelle et du Primaire, et les Principaux des collèges catholiques de la Province Ecclésiastique de Garoua, sous le thème : maîtrise de la classe en situation d’apprentissage. Ont pris part à cette rencontre, 26 séminaristes parmi lesquels : 01 évêque, 10 prêtres, 4 religieuses et 11 laïcs. Les activités se sont articulées autour des cérémonies protocolaires d’ouverture, des exposés thématiques, des échanges d’expériences, de la détente et des repas.

De la cérémonie protocolaire d’ouverture

Elle s’est déroulée en deux phases à savoir :

  1. La célébration eucharistique

Cette célébration eucharistique a été présidée par Mgr BRUNO ATEBA EDO. Le prélat a consacré cette messe d’ouverture à la guidance du Saint Esprit en ce jour où l’Église célèbre la fête de saint Jean Paul II, Pape. Il a exhorté les responsables de l’éducation catholique à garder la flamme de la charité allumée dans leurs cœurs, à l’exemple du saint du jour qui est grand éducateur.

La cérémonie officielle d’ouverture

La cérémonie officielle d’ouverture a connu deux allocutions :

 La première, le mot de bienvenue prononcé par Monsieur Faustin MALIKI, SEDUC de Yagoua, en lieu et place de Monsieur MAHAMAT L’TAGLOK, SEDUC de Maroua-Mokolo empêché. Il a d’abord souhaité la bienvenue à tous les participants et salué de manière spéciale la présence de Mgr BRUNO ATEBA EDO, Evêque de Maoua-Mokolo, Président de la conférence épiscopale provinciale de Garoua et président de commission provinciale en charge de l’Education catholique.

La seconde, le mot d’ouverture Mgr Bruno ATEBA EDO, il a, quant à lui, invité, les responsables de l’éducation catholique à travailler pour que les établissements catholiques atteignent l’excellence et s’y maintiennent.

Des exposés thématiques

Les participants ont bénéficié de 7 exposés thématiques dont 3 relatifs au thème central de la rencontre menés avec maestria et expertise par Dr Emmanuel TIAM, Inspecteur Régional en charge des Ecoles Normales à la Délégation Régionale des Enseignements Secondaires de l’Extrême-Nord.

L’exposé N°1 a porté sur la maîtrise de la classe en situation d’apprentissage. Il a permis de comprendre et de voir qu’en dehors des contrôles classiques sur le plan pédagogique, d’autres éléments doivent être pris en compte comme la gestion des émotions, de la puberté, la sensibilité à la classe. Bref, la maitrise de classe dépend de la planification et l’exécution des tâches. L’école doit porter les valeurs, ceci permet à la structure d’être plus performante et humaine.

L’exposé N°2 sur la gestion des conflits en milieu scolaire. Le conflit est un choc, une lutte, une divergence de points de vue, d’idées de position. Il se passe toujours entre deux entités aux points de vue divergents. Il a un objet et s’inscrit dans une dimension spatio-temporelle. Le facilitateura présenté la genèse des conflits, leur manifestation et a proposé  les moyens de leur résolution.

L’exposé N° 3 s’est appesanti sur la violence en milieu scolaire. La violence, contrairement au conflit, est issue d’une déchéance, d’une déception, d’un sentiment d’injustice. Les causes sont d’ordre spacio- temporel, environnemental, familial et interne au milieu scolaire lui-même. Les solutions viendraient alors de l’effort conjugué de tous les antagonistes et d’une meilleure appréhension de l’environnement de l’élève.

En plus de ces exposés thématiques d’autres exposés ont été présentés :

La présentation succincte des rapports d’activités dans les différents établissements par diocèse suivi des échanges constructives ;

Le pilotage pédagogique par les chefs d’établissements ;

L’évaluation et l’harmonisation des examens blancs provinciaux et du GCE.

Les échanges sur l’arrêté conjoint N°8111 du MINEDUB et MINESEC, fixant le calendrier scolaire pour l’année 2019-2020.

Enfin, l’exposé sur les avancées du projet de l’ENIEG de la Province Ecclésiastique de Garoua.

A l’issu de ces différents échanges, quelques recommandations ont été formulées :

De la cérémonie de clôture

Elle a connu deux moments : la messe de clôture présidée par Mgr Bruno ATEBA EDO avec une intention particulière pour les membres défunts : de la communauté éducative, des collaborateurs, des membres de familles, amis et bienfaiteurs et l’envoie solennel en mission des éducateurs;

Suivie de la cérémonie solennelle de clôture avec la lecture du communiqué final, le mot de remerciements des SEDUCS prononcé par l’abbé Aurélien LEHOUN MBEA, SEDUC de Ngaoundéré, et le discours de clôture de l’ordinaire des lieux.

Au terme de ces 4 jours de travaux, les participants ont exprimé leur satisfaction pour la bonne tenue de ce séminaire de renforcement de capacités et d’évaluation. Ils apprécient à juste titre la pertinence des thèmes exposés et le choix des facilitateurs. Ils saluent les efforts du SEDUC de Maroua-Mokolo pour les dispositions prises et le cadre de travail paisible. Ils remercient Mgr Bruno ATEBA EDO pour sa disponibilité, et pour les conseils et les mots d’encouragement et les recommandations à eux prodigués. En retour, ils prennent l’engagement de mettre à profit tous ces enseignements reçus et à la mise en pratique des recommandations faites pour que l’école catholique continue d’œuvrer à la formation intégrale de l’homme et de tout homme.

Le rendez-vous est pris pour la rencontre provinciale des Associations des Parents d’élèves et Enseignants prévue du 1er au 02 décembre 2019 à Ngaoundéré. La 8ème rencontre provinciale des SEDUC et leurs collaborateurs se tiendra à Yagoua du 26 au 29 avril 2020, sous le thème : La place et la qualité de la discipline dans les établissements scolaires catholiques de la province ecclésiastique et la maîtrise des cahiers de charges des responsables des structures secondaires catholiques.

Fait à Maroua, le 24 octobre 2019

L’équipe du Secrétariat

Abbé André BAYAOLA

Abbé Simon VONDOU

Roger ANEUGA DAMBA

Mgr Bruno Ateba Edo pose la première pierre du nouveau bâtiment Caritas

Le soleil accablant de ce mardi 23 avril 2019 n’a pas empêché la tenue de ce grand rendez-vous de la pose de la première pierre du nouveau bâtiment de la Caritas diocésaine. Mgr Bruno Ateba Edo, bâtisseur infatigable a voulu marqué cette prière d’un sceau particulier. Tous les ouvriers des services centraux de notre diocèse étaient présents. Cela marque la grande joie que le diocèse éprouve en recevant ce précieux don de « Caritas Allemagne ».

Il s’agit en fait d’un immeuble bureau siège de la Caritas et salle de formation des adultes en exécution du marché N°0027/CA/CARITAS-P.121-005/2018. C’est un immeuble de type R+1 occupant une emprise d’environ 440 m². Il comprend au Rez-de-chaussée et au R+1 : 16 bureaux, une salle de conférence, une salle de réunion, une salle d’accueil et de réception, un magasin, des toilettes et d’autres pièces.

Le chantier a été confié à l’Entreprise « Les Incroyables » du jeune talent Olivier Andzama, digne fils de notre diocèse de la paroisse Saint Pierre de Koza. Les travaux seront suivis par l’ingénieur Souina Barnabas et le Maître d’ouvrage c’est « Caritas Maroua-Mokolo ». La durée des travaux est estimée à 7, 5 mois.

Abbé Gilbert Pali

En Communion Mai 2019

Suivons les pas du Ressuscité !

Chers frères et sœurs ouvriers apostoliques,

Le Christ est vraiment ressuscité, il est apparu aux apôtres et à quelques femmes. A nous aujourd’hui aussi, il se manifeste et nous apporte la paix, cette grâce que nous attendons avec beaucoup d’espérance dans notre pays et dans le monde entier. Dans les récits bibliques qui nous parlent des apparitions de Jésus, il est fait mention de la salutation qu’il adresse à ses disciples : la paix soit avec vous.

L’annonce de la passion de Jésus avait suscité une grande consternation dans le groupe des apôtres et même chez ceux qui voyaient en Jésus le Messie. Avec sa venue et au regard des premiers moments de sa mission, ses contemporains voyaient leur espérance comblée. Avec la passion et la mort de Jésus, les cœurs étaient troublés. C’est pourquoi, bien avant sa passion,  il disait à ses disciples, que votre cœur ne se trouble point. La fête de Pâques que nous avons célébrée avec beaucoup de joie nous invite à entrer dans l’espérance. Comme le dit l’apôtre Paul, si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?

La joie de Pâques a été surtout vécue par les nombreux fidèles qui ont reçu le sacrement de baptême, de l’eucharistie et de mariage. La communion à la mort et à la résurrection à travers le baptême et la participation aux célébrations pascales nous encourage à poursuivre notre marche vers le Royaume des cieux avec plus d’enthousiasme et de persévérance. Avec nos communautés chrétiennes, il est important d’approfondir le sens de la vie chrétienne. On ne reçoit pas le baptême pour ensuite retomber dans le vieil homme. La nouvelle naissance dans le Christ fait de nous acteurs des œuvres de l’Esprit. Comme Jésus le rappelait à ses disciples dans le discours sur la montagne : vous êtes la lumière du monde, vous êtes le sel de la terre. Comment communiquer aujourd’hui, à ceux qui nous entourent, la lumière de l’Evangile et la joie du Ressuscité ?

Il y a quelques semaines, le Pape François a adressé une belle Exhortation aux jeunes et à l’ensemble de l’Eglise. Il insiste sur le Christ ressuscité qui inaugure un temps nouveau, aussi bien pour les jeunes que pour l’ensemble de l’Eglise. A l’occasion de la journée internationale de la jeunesse, plusieurs jeunes de notre Diocèse se sont retrouvés en zone pour réfléchir et prier. C’est toujours émouvant de voir cette jeunesse présente et active dans l’Eglise. L’émotion se prolonge et cette fois en terme d’inquiétude lorsqu’on s’interroge sur l’avenir de ces millions de jeunes de notre pays. Nous encourageons les encadreurs des jeunes à conduire ces derniers sur des chemins de réflexions profondes concernant leur avenir. Il est temps, si ce n’est pas tard, pour chaque jeune de notre Diocèse, de se convaincre qu’il doit être protagoniste de son avenir. Les portes de l’avenir peuvent encore s’ouvrir pour tous, mais cela demande détermination et travail assidu. Bientôt, bon nombres de nos jeunes seront appelés à passer les examens officiels. C’est lamentable et regrettable de constater que notre région de l’Extrême-Nord figure presque toujours au bas du tableau sur le classement, à l’issue des examens de l’office du baccalauréat.

Il y a quelques années, je me rappelle que les équipes apostoliques et parents chrétiens étaient fortement encouragés à s’engager dans les Associations des parents d’élèves. Il n’est pas normal que l’Eglise soit absente dans les grands lieux où se décide l’avenir de notre pays.

Ces derniers jours, nous avons été au courant des scènes de violence dans certaines localités frontalières. Et au lendemain de Pâques, l’arrondissement de Mokolo a connu une atrocité dans le combat qui a opposé nos frères et sœurs des villages de Ldaman et Jougoulé. Après des décennies de christianisme et d’islam, l’on s’interroge sur de telles attitudes. Et les échos de ce qui s’est passé nous font penser à une scène de violence généralement attribuée à Boko Haram. Nos populations, auraient-elles intégré la violence comme mode d’expression ? Nous pensons que la solution ne se trouve pas dans la violence mais plutôt dans la promotion de la justice et du dialogue. Et cela engage aussi bien les populations que les pouvoirs publics.

Au cours de notre récent presbyterium, nous avions longuement parlé des risques de violence enfouie dans la cendre. Et nous pensons que nous prêtres, religieux et religieuses, devrons nous engager davantage dans les actions de promotion de la paix et du vivre-ensemble. C’est le lieu de rappeler la prière pour la paix qui a été recommandée à l’ensemble du diocèse il y a de cela quelques années. Avons-nous gardé l’habitude de réciter ces prières dans les communautés et groupes ? De même, nous prêtres, il nous a été demandé, suivant les recommandations de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun, de célébrer une messe par semaine à l’intention de la paix, avec des textes précis. Le faisons-nous encore ?

Je voudrais à présent nous encourager à poursuivre nos efforts pour la construction de notre cathédrale. A l’occasion de la messe chrismale, nous avons été heureux de collecter une somme assez importante grâce à la générosité du personnel de nos différentes structures diocésaines (santé, écoles, collèges, CDD, Caritas, Justice et Paix, UCEC,….), des élites du Diocèse et de certaines autorités de la ville de Maroua.

Concernant les contributions des chrétiens dans toutes les paroisses du Diocèse, elles se font et les versements doivent se faire à la procure, au plus tard le lundi 17 juin 2019. Nous encourageons les fidèles pour les efforts antérieurs et les exhortons à en faire davantage, n’oublions pas le slogan diocésain : Tout le monde a besoin de tout le monde.

Le mois de mai est dédié à la Vierge Marie. Invoquons la Mère de l’Eglise, qu’elle intercède pour nous et nous soutienne avec sa tendresse maternelle tous les jours de notre vie. Bonne fête à tous les travailleurs, et tout spécialement aux Prêtres Joséphites, aux Filles de St Joseph, aux Sœurs de St Joseph de Cuneo.

Mgr Gilbert Damba Wana

Mgr Abraham Kome, nouveau président de la CENC

Monseigneur Abraham Bouala Kome, évêque de Bafang, a été plébiscité ce vendredi 03 mai 2019 comme nouveau président de la Conférence Épiscopale Nationale du Cameroun (CENC) en remplacement de Mgr Samuel KLEDA arrivé au terme des deux mandats légaux prévus par les textes de l’église catholique au Cameroun.

L’Archevêque de Douala  lors de l’ouverture de l’assemblée mercredi dernier à Mvolyé, estimait qu’il avait tout donné et prêt à se retirer  « J’ai fait deux mandats comme président de la CENC. Je suis heureux de céder la place à un autre frère évêque. Je ne cherche pas à changer ou modifier les statuts de la CENC pour rester en place », a souligné Mgr KLEDA. «Selon nos statuts, le mandat a une durée de 3 ans, renouvelable une fois et j’ai fait les deux mandats. Quand on a déjà fait deux mandats de six ans, c’est beaucoup. Il est bon de laisser la place à un autre qui va venir aussi apporter quelque chose de nouveau. C’est un service, c’est mieux de le passer à une autre personne» .

Son remplaçant, Abraham BOUALO KOME est né le 2 juillet 1969 à Loum dans la Région du Littoral et a été ordonné prêtre le 11 décembre 1999. Benoît XVI le nomme évêque de Bafang – le tout premier évêque de Bafang depuis le 26 mai 2012. Le 6 juin 2017 il est nommé administrateur apostolique de Bafia, à la suite du décès de Mgr Jean-Marie Benoît Balla, survenu le 31 mai.

L’évêque de Manfe, Mgr Andrew NKEA a été désigné comme Vice-préside

15 millions de francs supplémentaires pour la poursuite des travaux de la cathédrale Notre-Dame de Maroua-Founangué

Une messe qui a tenu ses promesses, c’est le moins que l’on puisse dire au lendemain de ce grand rassemblement diocésain. C’est la première fois qu’elle se célèbre dans le vaste chantier de la nouvelle cathédrale qui donne déjà des allures de monument digne pour la célébration du culte de notre divin Maître.

Ce jeudi 11 avril 2019 à 16 heures, tous les prêtres du diocèse de Maroua-Mokolo étaient autour de Mgr Bruno Ateba Edo, maître d’orchestre qui n’a pas manqué de mettre l’accent sur la symphonie diocésaine à l’image d’un ballet céleste. Le presbyterium était déjà rassemblé trois jours avant pour une formation permanente sur le thème de la Caritas. Les travaux se sont déroulés sous la houlette de Monsieur Kaldapa Edouard, secrétaire permanent de « Caritas Maroua-Mokolo » qui s’est évertué à présenter aux prêtres le rôle et le fonctionnement de la structure. Il était question pour lui de s’assurer que les responsables des paroisses et la Caritas diocésaine exécutaient les mêmes pas de danse.

La messe chrismale qui clôturait cette formation a été rehaussée par la présence du gouverneur de la Région de l’Extrême-Nord Monsieur Midjiyawa Bakari et son état-major. Messe au cours de laquelle, les prêtres ont renouvelé leurs promesses sacerdotales après la bénédiction des saintes huiles par Mgr Bruno Ateba Edo.

Au cours de la messe, des générosités ont été une fois de plus manifestées pour la poursuite des travaux. Parmi celles-ci nous notons la remarquable somme de 5 000 000 FCFA (cinq million) déposée par le représentant personnel du très Honorable Cavaye Yegué Djibril, président de l’Assemblée Nationale du Cameroun et digne fils de notre diocèse. Nous notons aussi la participation de plus de cinq millions de francs des ouvriers des services centraux du diocèse et de Mme Foutchou Djakaou, sénatrice qui a remis pour la circonstance 1 000 000 FCFA (Un million). Une collecte organisée avec le concours des « amis du diocèse de Maroua-Mokolo » qui ont aussi déposé 1 000 000 FCFA dans la bourse commune. Avec les autres participations individuelles que nous ne pouvons pas citer ici, nous sommes arrivés à un montant de 15 000 000 FCFA (Quinze million) en attendant le 22 juin, date prévu pour les ordinations sacerdotales et où les participations des paroisses sont attendues.

La soirée s’est achevée avec un repas fraternel offert par l’évêque à ses prêtres et après la distribution des saintes huiles, tous ont repris le chemin des paroisses pour vivre la grande semaine sainte.

Abbé Gilbert Pali

En communion janvier 2019

Les yeux tournés vers le Seigneur, nous entrons dans la nouvelle année 2019

Chers frères et sœurs ouvriers apostoliques,

Nous venons de célébrer la fête de Noël, l’Emmanuel, Dieu-avec-nous. Notre histoire personnelle et communautaire témoigne de cette présence active de Dieu dans le monde. Chaque instant de notre vie en témoigne. Nous espérons que la joie de la Nativité a renouvelé le dynamisme de nos communautés chrétiennes. Et nous rendons grâce au Seigneur qui a permis que cette fête se déroule dans la paix. En parlant de la joie de Noël, comment ne pas évoquer ici celle de la communauté chrétienne de Amchidé qui a célébré la Nativité au cours d’une célébration eucharistique ! Nous remercions les confrères de la zone Mayo Sava et d’ailleurs pour leur courage missionnaire même dans les situations difficiles

2018 s’en va, 2019 commence. Voici une nouvelle année que le Seigneur nous accorde. C’est un temps de grâce pour progresser dans la mission d’évangélisation, en cherchant à rendre toujours plus perceptible ce vœu de Jésus : je suis venu pour que les hommes aient la vie en abondance (cf. Jn 10, 10). Nous souhaitons à tous une bonne et heureuse année 2019. Que la paix du Christ habite dans nos cœurs et que nous soyons toujours de bons ouvriers  au service du Seigneur.

Ce mois de janvier sera marqué par des événements importants de la vie de notre diocèse. Je vous signale quelques unes des dates par ordre chronologique :

Le 4 janvier 2019, notre Evêque rencontrera toutes les religieuses du diocèse à Maroua. La rencontre est prévue dans la salle du CDD à 9h 30.

Le 6 janvier 2019, l’abbé Basile TEGAMBA célébrera sa première messe dans la paroisse Sainte Marie de Sir, son village. Nous y sommes tous invités.

Le 20 janvier 2019, nous serons unis à la Paroisse Sainte Famille de Mokolo Tada pour célébrer les vœux perpétuels de la Sœur Rosette DOUKOYA, dans la Congrégation des Ursulines de l’union romaine. Toute la communauté diocésaine est invitée à se joindre à notre fille par la présence ou par la prière.

Le 26 janvier 2019, le diocèse dira un aurevoir à l’abbé Frans Byl qui, après plus de 30 années de mission dans le diocèse, est appelé à retourner en Belgique, son pays natal. Une célébration est prévue à cet effet à 9h à Zamay. Nous attendus nombreux pour célébrer la joie du temps passé ensemble avec ce grand missionnaire au grand cœur.

Je me permets à présent de partager avec vous quelques morceaux choisis du mot de notre Evêque Mgr Bruno ATEBA EDO, à l’occasion de la cérémonie de Noël avec les prêtres, diacres permanents et administrateurs de districts paroissiaux :

Chers confrères dans le sacerdoce, chers diacres permanents et administrateurs des districts paroissiaux,

La joie de Noël se poursuit, puisque nous sommes encore dans l’octave. Je souhaite à chacun de vous un joyeux et fructueux Noël. Que l’Emmanuel, Dieu-avec-nous continue à être la lumière d’en haut qui éclaire notre chemin.

Je vous remercie pour votre présence en cette veille de la Sainte Famille. Comme il est de tradition, nous avons voulu nous retrouver pour partager la joie de la naissance de celui qui nous a appelés et envoyés dans sa vigne.

Comme j’ai l’habitude de le dire, il est important pour une famille de se donner des moments de rencontres, de réflexion mais aussi de partage, de fête. La joie de l’Evangile bien sûr, mais aussi la joie de la fête.

Dans son Exhortation apostolique Evangelii gaudium, le pape François articule la nouvelle évangélisation comme suit : Prendre l’initiative, s’impliquer, accompagner, porter du fruit et fêter

Je vous lis un extrait du Numéro 24 de ladite exhortation qui commente les points accompagner et fêter : « Le disciple sait offrir sa vie entière et la jouer jusqu’au martyre comme témoignage de Jésus-Christ ; son rêve n’est pas d’avoir beaucoup d’ennemis, mais plutôt que la Parole soit accueillie et manifeste sa puissance libératrice et rénovatrice. Enfin, la communauté évangélisatrice, joyeuse, sait toujours “fêter”. Elle célèbre et fête chaque petite victoire, chaque pas en avant dans l’évangélisation. L’évangélisation joyeuse se fait beauté dans la liturgie, dans l’exigence quotidienne de faire progresser le bien. L’Église évangélise et s’évangélise elle-même par la beauté de la liturgie, laquelle est aussi célébration de l’activité évangélisatrice et source d’une impulsion renouvelée à se donner ».

Après les belles célébrations de Noël vécues dans nos communautés chrétiennes, les prêtres, diacres permanents et administrateurs de districts se retrouvent pour un moment de convivialité.

Comme le semeur qui sort pour semer, nous sortons chaque jour avec le menu de l’Evangile, la parole quotidienne que nous annonçons à nos frères et sœurs. Cette année pastorale, comme vous le savez bien, nous mettons un accent particulier sur la catéchèse. C’est à travers elle que l’Eglise se construit solidement selon l’enseignement de Jésus lui-même à travers l’évocation de la maison construite sur le roc (cf Mt 7, 24-27). Nous nous réjouissons pour les efforts consentis par les uns et les autres dans le domaine de la catéchèse et nous vous exhortons à de nouveaux progrès dans ce domaine.

Nous n’oublions pas la pastorale des familles qui reste une préoccupation de notre église diocésaine. Comment ne pas relever la place importante de la pastorale des jeunes. Ils sont l’Eglise de demain.

Le jour de Noël, j’ai eu la joie de célébrer dans notre cathédrale en chantier. La visite que nous y avons effectuée nous a certainement permis d’apprécier l’état d’avancement des travaux. C’est l’occasion, une fois de plus, de saluer la mobilisation de nos communautés chrétiennes à travers les campagnes de collecte organisées. Nous croyons et nous espérons que la dernière collecte en date et dont les fruits seront remis aujourd’hui nous permettront de compléter le montant nécessaire pour achever la toiture. Il restera alors le sol et le mur et plus tard l’équipement. Ne nous fatiguons pas. Nous comptons sur les prêtres pour la réussite des prochaines collectes dont les modalités seront précisées par l’équipe mise en place.

L’année 2018 qui s’achève aura été marquée par de grands événements de la vie de l’Eglise universelle et celle de l’Eglise particulière de Maroua-Mokolo.

Nous tournons le regard vers 2019. Je vous souhaite d’ores et déjà une bonne et heureuse année 2019. Pour cette nouvelle année, je vous souhaite :

Des sourires, pour chasser la tristesse,
De l’audace, pour que les choses ne restent jamais en place,
De la confiance, pour faire disparaître les doutes,
Du réconfort, pour adoucir les jours difficiles,
De la générosité, pour le plaisir de partager,
Des arcs en ciel, pour colorer les idées noires,
Du courage, pour continuer à avancer !
Bonne Année à tous.

Je voudrai évoquer le départ prochain de l’abbé Frans Byl. Après plus de 31 ans passés dans le diocèse, notre frère et ami est appelé, pour des raisons de santé, à retourner en Belgique. C’est avec beaucoup d’émotion que nous avons appris la nouvelle. Nous l’accueillons dans la foi en nous disant, loin des yeux mais près du cœur. Nous voulons comme presbyterium lui dire un au revoir fraternel et mérité. La zone centre a aussi un programme dans ce sens. Ce sera le samedi 26 janvier à Zamay.

Même si Frans s’en va en Belgique, ses œuvres continueront à parler de lui. Son courage missionnaire et sa fidélité à la mission resteront à jamais gravés dans les mémoires de notre diocèse que Frans a tant aimé. P Frans, tu as été un frère au milieu de nous. Tout ce que tu avais, et pouvais recevoir de tes amis, tu l’as mis au service de la mission. Nous sommes nombreux comme diocèse, comme communautés chrétiennes, comme communautés religieuses et comme individus à témoigner de tes marques de générosité.

Frans s’en ira mais Frans restera toujours parmi nous. Avec les paroisses de Mémé et Zamay où vous avez passé le plus de temps, nous verrons comment immortaliser votre passage dans le diocèse. Nous restons ensemble père Frans !

Je vous souhaite une bonne fête et un bon temps de fraternité entre nous.

Mgr Gilbert Damba Wana

 

Le message du pape pour la journée mondiale de la paix

MESSAGE DU SAINT-PÈRE
FRANÇOIS
POUR LA CÉLÉBRATION DE LA
LIIe JOURNÉE MONDIALE DE LA PAIX

1er JANVIER 2019

La bonne politique est au service de la paix

 

  1. ‘‘Paix à cette maison !’’

En envoyant ses disciples en mission, Jésus leur dit : « Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘‘Paix à cette maison’’. S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra vers vous » (Lc 10, 5-6).

Offrir la paix est au cœur de la mission des disciples du Christ. Et cette offre est adressée à tous ceux qui, hommes et femmes, aspirent à la paix au milieu des drames et des violences de l’histoire humaine[1]. La ‘‘maison’’ dont parle Jésus, c’est chaque famille, chaque communauté, chaque pays, chaque continent, dans sa particularité et dans son histoire ; c’est avant tout chaque personne, sans distinctions ni discriminations. C’est aussi notre ‘‘maison commune’’ : la planète où Dieu nous a mis pour y vivre et dont nous sommes appelés à prendre soin avec sollicitude.

C’est donc également mon vœu au début de l’année nouvelle : ‘‘Paix à cette maison !’’.

  1. Le défi de la bonne politique

La paix est comme l’espérance dont parle le poète Charles Péguy [2]; elle est comme une fleur fragile qui cherche à s’épanouir au milieu des pierres de la violence. Nous le savons : la recherche du pouvoir à tout prix porte à des abus et à des injustices. La politique est un moyen fondamental pour promouvoir la citoyenneté et les projets de l’homme, mais quand elle n’est pas vécue comme un service à la collectivité humaine par ceux qui l’exercent, elle peut devenir un instrument d’oppression, de marginalisation, voire de destruction.

« Si quelqu’un veut être le premier, dit Jésus, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous » (Mc 9, 35). Comme le soulignait saint Paul VI : « Prendre au sérieux la politique à ses divers niveaux – local, régional et mondial –, c’est affirmer le devoir de l’homme, de tout homme, de reconnaître la réalité concrète et la valeur de la liberté de choix qui lui est offerte pour chercher à réaliser ensemble le bien de la cité, de la nation, de l’humanité »[3].

En effet, la fonction et la responsabilité politique constituent un défi permanent pour tous ceux qui reçoivent le mandat de servir leur pays, de protéger les habitants et de travailler pour asseoir les conditions d’un avenir digne et juste. Accomplie dans le respect fondamental de la vie, de la liberté et de la dignité des personnes, la politique peut devenir vraiment une forme éminente de charité.

  1. Charité et vertus humaines pour une politique au service des droits humains et de la paix.

Le Pape Benoît XVI rappelait que « tout chrétien est appelé à vivre cette charité, selon sa vocation et selon ses possibilités d’influence au service de la pólis. […] L’engagement pour le bien commun, quand la charité l’anime, a une valeur supérieure à celle de l’engagement purement séculier et politique […] Quand elle est inspirée et animée par la charité, l’action de l’homme contribue à l’édification de cette cité de Dieu universelle vers laquelle avance l’histoire de la famille humaine »[4]. C’est un programme dans lequel peuvent se retrouver tous les politiciens, de n’importe quelle appartenance culturelle ou religieuse, qui souhaitent œuvrer ensemble pour le bien de la famille humaine, en pratiquant ces vertus humaines qui sous-tendent le bon agir politique : la justice, l’équité, le respect réciproque, la sincérité, l’honnêteté, la fidélité.

À ce sujet, méritent d’être rappelées les ‘‘béatitudes du politique’’, proposées par le Cardinal vietnamien François-Xavier Nguyễn Văn Thuận, mort en 2002, qui a été un témoin fidèle de l’Évangile :

Heureux le politicien qui a une haute idée et une profonde conscience de son rôle.
Heureux le politicien dont la personne reflète la crédibilité.
Heureux le politicien qui travaille pour le bien commun et non pour son propre intérêt.
Heureux le politicien qui reste fidèlement cohérent.
Heureux le politicien qui réalise l’unité.
Heureux le politicien qui s’engage dans la réalisation d’un changement radical.
Heureux le politicien qui sait écouter.
Heureux le politicien qui n’a pas peur.[5]

Chaque renouvellement des fonctions électives, chaque échéance électorale, chaque étape de la vie publique constitue une occasion pour retourner à la source et aux repères qui inspirent la justice et le droit. Nous en sommes certains : la bonne politique est au service de la paix ; elle respecte et promeut les droits humains fondamentaux, qui sont aussi des devoirs réciproques, afin qu’entre les générations présentes et celles à venir se tisse un lien de confiance et de reconnaissance.

  1. Les vices de la politique

À côté des vertus, malheureusement, ne manquent pas non plus dans la politique les vices, dus soit à une inaptitude personnelle soit à des déformations dans l’entourage et dans les institutions. Il est clair pour tous que les vices de la vie politique ôtent de la crédibilité aux systèmes dans lesquels elle s’exerce, ainsi qu’à l’autorité, aux décisions et à l’action des personnes qui s’y consacrent. Ces vices, qui affaiblissent l’idéal d’une authentique démocratie, sont la honte de la vie publique et mettent en danger la paix sociale : la corruption – sous ses multiples formes d’appropriation indue des biens publics ou d’instrumentalisation des personnes –, la négation du droit, le non-respect des règles communautaires, l’enrichissement illégal, la justification du pouvoir par la force ou par le prétexte arbitraire de la ‘‘raison d’État’’, la tendance à s’accrocher au pouvoir, la xénophobie et le racisme, le refus de prendre soin de la Terre, l’exploitation illimitée des ressources naturelles en raison du profit immédiat, le mépris de ceux qui ont été contraints à l’exil.

  1. La bonne politique promeut la participation des jeunes et la confiance dans l’autre

Quand l’exercice du pouvoir politique vise uniquement à sauvegarder les intérêts de certains individus privilégiés, l’avenir est compromis et les jeunes peuvent être tentés par la méfiance, parce que condamnés à rester en marge de la société, sans possibilité de participer à un projet pour l’avenir. Quand, au contraire, la politique se traduit, concrètement, dans l’encouragement des jeunes talents et des vocations qui demandent à se réaliser, la paix se diffuse dans les consciences et sur les visages. Elle devient une confiance dynamique, qui veut dire ‘‘j’ai confiance en toi et je crois en toi’’, dans la possibilité de travailler ensemble pour le bien commun. La politique est pour la paix si elle se manifeste donc, dans la reconnaissance des charismes et des capacités de chaque personne. « Quoi de plus beau qu’une main tendue ? Elle a été voulue par Dieu pour offrir et recevoir. Dieu n’a pas voulu qu’elle tue (cf. Gn 4, 1sv) ou qu’elle fasse souffrir, mais qu’elle soigne et qu’elle aide à vivre. À côté du cœur et de l’intelligence, la main peut devenir, elle aussi, un instrument du dialogue »[6].

Chacun peut apporter sa pierre à la construction de la maison commune. La vie politique authentique, qui se fonde sur le droit et sur un dialogue loyal entre les personnes, se renouvelle avec la conviction que chaque femme, chaque homme et chaque génération portent en eux une promesse qui peut libérer de nouvelles énergies relationnelles, intellectuelles, culturelles et spirituelles. Une telle confiance n’est jamais facile à vivre, car les relations humaines sont complexes. En particulier, nous vivons ces temps-ci dans un climat de méfiance qui s’enracine dans la peur de l’autre ou de l’étranger, dans l’angoisse de perdre ses propres avantages, et qui se manifeste malheureusement aussi, au niveau politique, par des attitudes de fermeture ou des nationalismes qui remettent en cause cette fraternité dont notre monde globalisé a tant besoin. Aujourd’hui plus que jamais, nos sociétés ont besoin d’‘‘artisans de paix’’ qui puissent être des messagers et des témoins authentiques du Dieu Père, qui veut le bien et le bonheur de la famille humaine.

  1. Non à la guerre et à la stratégie de la peur

Cent ans après la fin de la Première Guerre Mondiale, alors que nous nous souvenons des jeunes tombés durant ces combats et des populations civiles lacérées, aujourd’hui plus qu’hier nous connaissons la terrible leçon des guerres fratricides, à savoir que la paix ne peut jamais être réduite au seul équilibre des forces et de la peur. Maintenir l’autre sous la menace veut dire le réduire à l’état d’objet et en nier la dignité. C’est pourquoi nous réaffirmons que l’escalade en termes d’intimidation et la prolifération incontrôlée des armes sont contraires à la morale ainsi qu’à la recherche d’une vraie concorde. La terreur exercée sur les personnes les plus vulnérables contribue à l’exil d’entières populations en quête d’une terre de paix. Les discours politiques qui tendent à accuser les migrants de tous les maux et à priver les pauvres de l’espérance ne sont pas justifiables. Au contraire, il faut réaffirmer que la paix se fonde sur le respect de chaque personne, quelle que soit son histoire, sur le respect du droit et du bien commun, de la création qui nous a été confiée et de la richesse morale transmise par les générations passées.

Notre pensée va aussi, à titre particulier, aux enfants qui vivent dans les zones actuelles de conflit, et à tous ceux qui s’engagent afin que leurs vies et leurs droits soient protégés. Dans le monde, un enfant sur six est touché par la violence de la guerre ou par ses conséquences, quand il n’est pas enrôlé pour devenir lui-même soldat ou otage de groupes armés. Le témoignage de ceux qui œuvrent pour défendre la dignité et le respect des enfants n’en est que plus précieux pour l’avenir de l’humanité.

  1. Un grand projet de paix

Nous célébrons ces jours-ci le soixante-dixième anniversaire de la Déclaration Universelle des droits de l’homme, adoptée au lendemain du deuxième conflit mondial. Souvenons-nous, à ce propos, de l’observation de saint Jean XXIII : « Maintenant, à mesure que l’homme devient conscient de ses droits, germe comme nécessairement en lui la conscience d’obligations correspondantes : ses propres droits, c’est avant tout comme autant d’expressions de sa dignité qu’il devra les faire valoir, et à tous les autres incombera l’obligation de reconnaître ces droits et de les respecter »[7].

La paix, en effet, est le fruit d’un grand projet politique qui se fonde sur la responsabilité réciproque et sur l’interdépendance des êtres humains. Mais elle est aussi un défi qui demande à être accueilli jour après jour. La paix est une conversion du cœur et de l’âme ; et il est facile de reconnaître trois dimensions indissociables de cette paix intérieure et communautaire :

– la paix avec soi-même, en refusant l’intransigeance, la colère et l’impatience et, comme le conseillait saint François de Sales, en exerçant ‘‘un peu de douceur avec soi-même’’, afin d’offrir ‘‘un peu de douceur aux autres’’ ;

– la paix avec l’autre : le proche, l’ami, l’étranger, le pauvre, le souffrant… ; en osant la rencontre et en écoutant le message qu’elle porte avec elle ;

– la paix avec la création, en redécouvrant la grandeur du don de Dieu et la part de responsabilité qui revient à chacun d’entre nous, en tant qu’habitant du monde, citoyen et acteur de l’avenir.

La politique de la paix, qui connaît bien les fragilités humaines et les assume, peut toujours se ressourcer dans l’esprit du Magnificat que Marie, Mère du Christ Sauveur et Reine de la Paix, chante au nom de tous les hommes : « Sa miséricorde s’étend d’en âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leur trône, il élève les humbles […] ; il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais » (Lc 1, 50-55).

Du Vatican, le 8 décembre 2018

François

 

 

[1] Cf. Lc 2, 14 : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’il aime ».

[2] Cf. Le Porche du mystère de la deuxième vertu, Paris 1986.

[3] Lett. ap. Octogesima adveniens (14 mai 1971), n. 46.

[4] Enc. Caritas in veritate (29 juin 2009), n. 7.

[5] Cf. Discours à l’exposition-colloque ‘‘Civitas’’ de Padoue, ‘’30 giorni’’, n. 5 de 2002.

[6] Benoît XVI, Discours aux Autorités du Bénin, 19 novembre 2011.

[7] Enc. Pacem in terris (11 avril 1963), n. 44.